mardi 4 mars 2014

Transbiking66, 2 mars 2014. Ille sur Têt (66)

Après de longs mois de disette, j'ai repris le vélo à l'automne. Mon dos me laisse enfin tranquille, et l'envie de rouler est plus forte. Les premières sorties sont dures mais très vite je retrouve de bonnes sensations. Aussi je repense à la Garoutade que j'avais fait en 2013 avec Pitufo, Lasouque81 et LeFlo, et l'envie d'y retourner me titille sérieusement. J'ai envie de laver l'affront d'avoir été mis hors course après le second ravito. Je sais que cette année Pitufo ne pourra pas m'accompagner, il a été charcuté au niveau du genou. Je m'inscrit donc. La Garoutade se déroulera le 2 mars 2014. Le format a changé un peu. Il n'y a plus de limitations dans le nombre des inscriptions, et surtout il y aura 3 parcours proposés : La Caminade, la Garoutade et la Transbiking. Le nom aussi change, elle est rebaptisée Transbiking66. Les circuits ont une base commune avec des boucles supplémentaires pour la Garoutade et la Transbiking. Deux portes horaires aussi ont été instaurées. La première au km 23 et la seconde au 43ème. La première est la bifurcation des boucles Caminade et Garoutade et est fixée à 11h, la seconde à la bifurcation des boucles Garoutade et Transbiking, et elle ferme à 13h. Autant dire qu'il n'y a que deux heures entre les 2, ce qui peu paraître peu pour 20km, mais en fait c'est chaud pour peu que l'on soit déjà bien entamé. 
  Donc mon objectif cette année est de passé la seconde PH pour pouvoir finir sereinement la Transbiking66. 

Samedi 1er mars 2014.

  Je me pointe Gare de Lyon pour prendre mon TGV à destination de Perpignan. Je suis bien en avance et profite d'une petite appli professionnelle pour savoir sur quelle voie sera le train avant son affichage officielle. Cela me permet de pouvoir mettre ma housse de vélo dans un rack avant que la horde de voyageurs ne l'envahisse avec ses dizaines de bagages. Pas pratique du tout les TGV duplex pour mettre les housses de vélo, une c'est déjà limite alors 5 ou 6 bonjour le bordel ...




 Le voyage se passe sans encombres, j'arrive à l'heure dans les PO, où Toxdisc et Grlo m'attendent à la gare. Direction le gîte qui se trouve dans le charmant village de Rodes, à 7km d'Ille sur Têt. On file au gîte où l'on retrouve Sebastao et Grhum. Ce seront mes compagnons de chambrée ce WE. Joris nous rejoindra un peu plus tard pour venir rouler avec nous. On mange des pâtes ... principale source d'alimentation des deux jours, et on se change rapidement pour aller tâter du cailloux catalan. 
  Nous voilà donc parti pour un petit ride de 20km environ et un peu plus de 500m de D+. On attaque direct par une montée sur piste pour aller chercher les singles au dessus du village. On veut finir par la Spéciale Enduroton Verte. On grimpe tranquillement en discutant en admirant le paysage : d'un côté les sommets enneigés du Canigou, de l'autre les gorges de la rivière Têt, et le vieux château de Rodes. C'est magnifique. Arrivé en haut on aperçoit au loin la Méditerranée. Le ciel est bleu et il y a juste un peu de vent. 




On enquille la première descente, c'est bon ! Je pose quelques fois le pied, c'est un peu engagé pour moi par endroits. Mais je me fais plaisir. On fait un deux portage aussi. Dans une descente Toxdisc fait une belle chute sans gravité pour lui, mais sa chaussure droite est déchirée sur le dessus... il a trouvé un nouveau système d'aération le bougre  Laughing 




 On arrive enfin au départ de la spéciale Enduro, je la connais, je l'ai déjà fait l'an passé avec LeFlo, et j'avais fait un superbe OTB sur une marche. Cette année je me sens quand même plus en confiance. J'y vais, c'est le kiff. J'assure juste à 2 endroits bien raides en passant à pied, mais je fais tout sur le bike. Elle fait presque 3km, j'ai mis 14mn31, la pente moyenne est de 8% ... bref pas terrible mais je m'en fiche, je me suis fais bien plaisir. 
  En bas tout le monde à la banane. Maintenant on doit aller à la salle La Catalane chercher nos plaques de cadres et le ravitaillement pour le lendemain. Entre temps le temps s'est voilé ... j'espère que pour la rando ils seront partis. 
   Nous repartons au gîte, mais en passant le long des gorges de la Têt, c'était tout juste superbe !!! Nous suivions un canal d'irrigation sur notre gauche et à droite la rivière. Le sentier est étroit par endroit et des ballustrades courent tout le long ... parfois il y a un énorme gaz côté rivière. Elles sont récentes, il y a quelques années en arrière elles n'existaient pas et toute erreur de pilotage était interdite  Shocked 



 On arrive enfin au gîte, on pose les bikes et on se prépare pour la pasta party du soir  Laughing  A 22h et des brouettes on est tous au lit, demain une rude journée nous attend. 

Pour la petite histoire, je suis le seul à ne pas avoir chuté lors de la sortie du jour. D'ailleurs on a fait 24,4km pour 650m de D+.




Dimanche 02 mars 2014.

  Il est 5h45 quand le réveil sonne dans le gîte. J'ai bien dormi mais je sera bien resté au pieu quelques heures de plus. Mais il va falloir se lever, on a un gros RDV ce matin du côté d'Ille sur Têt. Je saute dans mes vêtements de vélo, ce sera short, et maillot contre le froid, maillot manches courtes de la Horde et la veste Endura, plus un bandana sur le caillou, c'est qu'il fait frais. On discute un peu ... mais tiens au fait quel est le lascar qui n'a pas arrêté de ronfler cette nuit ?  C'était Sébastao qui accusait un nez bouché ... mon oeil  Twisted Evil 
  On avale un petit déjeuner consistant, je fais mon caca de la peur et on trace en direction de la Catalane. Il est 6h45 lorsque nous partons. Le départ officiel de la rando est à 7h30 mais je veux partir avant pour me donner plus de chances pour passer les PH. De toute façon il n'y a pas de pointage au départ comme l'an passé, et on a la trace sur le GPS ainsi que le ravitaillement ... on est autonome. On arrive sur le parking, on décharge les bikes. Je vais saluer Jérémy81, qui a dormi dans son camion avec un pote. Entre temps j'ai reçu un SMS de LeFlo, il n'arrivera au parking que vers 7h15. Je regarde l'heure, je retourne voir mes compagnons. Ils ne sont pas encore tout à fait prêt, je regarde l'heure, il est presque 7h10 et je ne tiens plus en place. C'est décidé je pars, je laisse mes amis et je file. A peine sorti du parking je reconnais la silhouette de Flo. Il vient d'arriver. On se salue, ça fait un an que je n'avais pas revu mon pote  Very Happy  je le laisse, et je repars. Je sais qu'il va vite me rattraper, ainsi que les autres. 

  Les 3 premiers kilomètres sont une mise en jambe. J'en profite pour me chauffer. J'ai quand même les jambes un peu lourdes, sûrement la sortie de la veille. Ça monte légèrement, tout doucement. Puis on attaque une piste DFCI et la pente devient plus dure. On est parti pour une ascension de 7km. J'y vais au train, tranquillement, je ne mets pas dans le rouge. Je roule sans m'arrêter, pas de pause, pas de distractions, pas de prise de photos ... rien je reste concentré sur la trace, mon effort. Je jette quand même pas mal de regards aux superbes paysages qui m'entourent. Le soleil est en train de se lever sur les crêtes. C'est juste magnifique  I love you  Tous ceux que je croise sont comme moi sous le charme de ce que l'on voit. J'arrive enfin au bout de cette monté. Au sommet il y a un dolmen, et des bikers arrêtés. Tous se préparent soit en mettant les protections, soit en descendant la selle, pour le single qui nous attend. C'est la première descente de la journée. Je me lance après avoir enlevé ma veste et avoir pris quelques photos. La température est vite montée. 







 Dans les premiers mètres ça va, je me sens bien mais dès la première difficulté mes vieux démons me rattrapent : j'appréhende et pose le pied. Ce qui me rassure c'est que je ne suis pas le seul. Mais bon je passe quand même mieux que l'an passé, je marche moins dans les singles, je pose le pied juste devant les bonnes grosses marches bien hautes et certains passages très très pentus. De temps en temps j'entend un biker derrière moi, et je m'écarte pour le laisser passer, bien conscient que je suis plus lent. Je ne veux pas gêner. Mais parfois c'est tout un troupeau qui arrive et je suis obligé d'attendre un peu plus longtemps avant de pouvoir repartir. 
Ça fait plus d'une heure que je roule, quand soudain LeFlo me rattrape. On discute quelques minutes. Il est parti 10mn après moi, et il a mis 1h pour me rejoindre. Même lui est surpris, il pensait me revoir avant. J'avance bien, je suis dans le bon tempo. Je le laisse repartir, il est bien plus rapide que moi et surtout bien plus à l'aise dans le négatif.  Cool 

   On remonte un peu, pour faire la seconde descente. On va passer le fameux passage de l'arbre. Cette année je verrais très peu de bikers franchir cette difficulté sur le vélo, la descente est bien plus ravinée que l'an passé. La météo de cet hiver a laissé de bons stigmates à cet endroit. Peu après je roule bien dans un single avec de petites marches, je m'amuse quand soudain j'accroche le bout droit du cintre et me retrouve aussitôt au sol. J'ai accroché un arbre. Je me relève vite fait, je n'ai rien et m'amuse de ma mésaventure, quand tout à coup arrive un gars qui tape le même arbre et chute aussi. En fait la trajectoire passe au ras de ce fichu arbre ... Je repars, je regarde souvent l'heure et les kilomètres parcourus. Je suis dans les temps. Je me sens bien, mieux qu'au départ. Au bas d'une descente je croise Pédalator, on se salue vite fait.

Les kilomètres défilent entre montées sur pistes et descentes sur des singles techniques et joueurs à souhaits. A un moment une 205 blanche nous double à fond les ballons sur une piste DFCI en soulevant un gros nuage de poussière. A l'arrière est accroché un magnifique vélo noir. Je reconnais la "poubelle" de Damien Oton, il est à la bourre. Il doit baliser une intersection. On passera deux fois à cet endroits. 
   J'arrive enfin à la première PH, au km 21 et non 23 comme annoncé. Je la passe à 9h43, soit avec une avance de 1h17.  Very Happy  C'est tout bon. Ma moyenne horaire est supérieure à celle de l'an passée. Sur place il y a Brice Epailly qui me reconnais et me dit : "Tu la finis cette année !!!"  Il m'avait mis hors course l'an passé juste avant le second ravito, et on avait pas mal discuté. Juste après la PH on redescend sur un autre single. Arrive peu de temps après le premier ravitaillement, il s'agit en fait d'un point de rechargement en eau. De la poudre énergétique est aussi proposée. Je refais le plein du Camel en eau et poudre. J'en profite pour avaler une barre, un gel anti-oxydant et une banane. Je reste peu de temps sur place, on longue ascension m'attend, 11km de montée  Shocked Celle là aussi je la ferai au train. Ça devient dur, bien dur. Je m'arrêterai 3 ou 4 fois au cours de cet effort, en fait non je ne m'arrête pas. Je descend du vélo et pousse. Pas question de perdre du temps, il faut toujours avancer. D'ailleurs au kilomètre 30, je suis en train de pousser sur une centaine de mètres quand je vois arriver trois visages connus : Sébastao, Joris et Grlo. Je remonte sur le bike et roule un peu ... pas longtemps ... avec eux. Ils sont partis 25mn après moi. Ils m'annoncent que Toxdisc a été obligé de bâcher après 17km pour de fortes douleurs au genou  Neutral  et que Grhum est plus loin derrière. Il est parti pour la boucle Garoutade.
  Je regarde l'heure, les minutes défilent mais les kilomètres plus trop ... ça va être juste pour franchir la seconde PH. Enfin je viens à bout de cette longue montée. Je me lance dans une autre descente. Il y a quelques passages tendus, et certains sont étroits avec du gaz sur le côté. D'ailleurs à un moment j'arrive dans un passage où l'on voit le vide sur la droite, je panique (j'ai le vertige et une peur bleue du vide) , je ne sais pas ce que je fais mais je me retrouve à faire une superbe OTB. Je tombe sur la gauche du single droit sur des rochers. Je ressent une très vive douleur sur la fesse droite. L'os a tapé la pointe d'une roche. Je reste accroupi au sol, le vélo est en plein milieu du chemin. Je n'arrive pas à bouger, la douleur est très vive. Arrive un rider espagnol, il me demande comment je vais et m'aide à mettre mon bike sur le côté. Je lui dit que c'est bon et lui fais signe qu'il peut repartir. Après en avoir discuté avec lui après la rando, il m'avouera qu'il a eu très peur en me voyant au sol ainsi. La douleur s'estompe peu à peu. J'ai aussi pris des coups au genou droit, le tibia juste au dessus de la cheville (j'ai un petit oeuf), le bras juste sous l'épaule et l'avant bras ... en fait c'est tout le côté droit qui est touché. Je me rendrai compte des différentes blessures au fur et à mesure que la journée passera, certaines douleurs ne se réveillant pas tout de suite. Bref j'ai pris une belle boite et un coup au moral. Je repart, termine la descente plus calmement. En fait j'étais pratiquement arrivé en bas. Je suis tout proche de Bouleternère, lieu du second ravito, salé celui-ci, et de la seconde porte horaire. Je suis dans la vallée, je veux descendre de quelques pignons pour envoyer un peu .... et ME...E!!!! Mon shifter droit ne marche plus. Ça y est je vais devoir bâcher sur casse mécanique. Je peste, je rage, je cris  Evil or Very Mad  Je m'acharne sur le shifter tout en continuant de rouler. Je peux monter les pignons mais pas les descendre. Une gachette déconne. Je le secoue dans tous les sens, et miracle !!!! je récupère le fonctionnement du shifter, enfin je récupère une partie du shifter. Il ne marche que dans un sens, mais c'est un soulagement, je peux continuer, tout en espérant que ça tienne jusqu'au bout. 
   Je traverse la rivière Têt par un gué, le ravito est tout proche. J'y retrouve Grlo. Il bâche, il a chuté sérieusement aussi et lui aussi a cassé un shifter. Je discute quelques secondes avec Sylvain Renouf, il est déjà 13h, et la PH n'est pas encore en vue. Je sens que je vais pas pouvoir la franchir. Il me dit qu'il reste quelques hectomètres avant d'y arriver, que ça grimpe mais que j'ai encore le temps d'y aller avant qu'elle ferme. Je plante alors tout le monde, et repars aussitôt. En effet ça grimpe, et bien. J'ai de plus en plus de mal à tout faire sur le vélo mais je m'accroche. Enfin je vois la fameuse pancarte qui indique à gauche "Transbiking" et à droite "Caminade-Garoutade". Je demande au bénévole si je suis encore dans les temps, et il me dit "OUI" . J'explose de joie, je vais la finir !!!! J'ai passé la PH fatidique  Very Happy 
   Je pars donc, mais très vite de nouveau je sens que je suis au bout du rouleau. Je suis au pied du CH3, le fameux CH3 avec ses rampes terribles. Je le connais, je l'ai vaincu l'an passé, dans la difficulté. C'est un beau morceau de bravoure ... mais là mes forces m'abandonnent. J'ai mal sur tout le côté droit. Chaque coup de pédale est une souffrance. J'ai aussi un bon mal de crâne. Mes jambes ont aussi de plus en plus de mal à gravir le moindre raidillon. Je m'arrête dans la première rampe du CH3, j'enlève mon maillot technique, et reste en manches courtes. Il fait bien chaud désormais. Je me pose un peu, passe un coup de fil à mon pote Pitufo, et je décide de faire demi-tour. Sur le moment je pense redescendre jusqu'à Bouleternère et rentrer par la route. Lorsque j'arrive à la bifurcation que j'avais tant convoité auparavant, je retrouve Brice Epailly. On discute quelques secondes, je lui annonce que finalement cette année encore je ne la finirai pas, il comprend ma souffrance. Il m'indique le chemin pour repartir sur la boucle Garoutade, ce que finalement je vais faire ... je ne vais pas bâcher.

Le tracé nous mène jusqu'à Rodes, vous savez là où je crèche. Entre temps Flo me ratrrape encore une fois ... normal, il a fait une boucle de plus par rapport à moi. Je le laisse filer encore une fois. On va alors se taper un énorme portage mais avec des vues magnifiques sur le Canigou et les gorges de la Têt. Il fait chaud, on est plein sud. Les odeurs du maquis nous enivrent, on voit quelques hirondelles virevoltées. Après ce long portage, on attaque le dernier single du jour. Il est moins technique que les autres, je lâche les freins. Prend la pose pour le photographe, Laurent Brossard. Et j'arrive à la Catalane à 15h25. Je retrouve Flo, on va manger ensemble le plateau repas offert : raviolis cette année au lieu de la Fideua de 2013.

   Voilà ma Garoutade 2014 est finie, je suis bien plus entamé que l'an passé. La prépa n'a pas été la même, mais je suis content de ce que j'ai fait. Jamais cet été je n'aurai pensé pouvoir juste en prendre le départ  Rolling Eyes 


Mes chiffres :

Samedi 1er mars :
24,1 km
9,2 km/h moyenne
42,9 km/h Max
2h37
614m de D+


Dimanche 2 mars 2014, Garoutade :
60,4 km
9 km/h de moyenne
39,4 km/h max

7h02 de roulage
1h16 de pause

2130m de D+


J'ai amélioré ma moyenne en comparaison à 2013
de 2 km/h ...














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