Les aventures de Nico Briou dans le Quercy. Tome 2 : Le Causse de Limogne. Vendredi 15 mai 2026.
Cet article est dédicacé à Mathias, le fils de Nico et Elo, qui a eu un soucis de santé et ne pourra pas remonter sur un VTT avant un bon moment. On pense fort à toi ! Force petit bonhomme 💪
Après une excellente nuit bercée par le silence et le calme du camping, nous nous levons tranquillement sans pression. Pas de réveil, ni de rendez-vous. Le programme du jour est simple. Nous partons directement du camping et nous y revenons après un tour sur le Causse de Limogne. Nous ne serons que tous les deux. Le temps n'est pas au beau fixe, c'est plutôt bien le contraire. Le réveil est un peu humide. Il a plu une bonne partie de la nuit. Nous espérons que la météo va s'améliorer quelque peu et que nous ne subirons pas le même genre d'averses qu'hier.
Réveil maussade à la Servie.
Après un bon petit déjeuner bien à l'abri dans le van, nous nous élançons sur les sentiers qui bordent le camping et prenons la direction de Lalbenque. Nico est mis tout de suite dans le bain. Le premier chemin est typique du Quercy Blanc (nous sommes à la limite du Quercy blanc et du Causse). C'est un chemin blanc de castine, avec ce qu'il faut de cailloux et saupoudré de racines et de petits raidillons bien sympathiques. Il ne pleut pas. C'est déjà ça ! Nous quittons rapidement le large chemin pour un single que je découvrais aussi. Il mène tout droit à la route de Pechpeyroux qui elle-même nous emmène au centre de Lalbenque. Là deux options s'offrirent à nous : soit continuer notre petite balade, soit passer acheter une chocolatine et aller prendre un café au bistrot du village. Vous vous doutez bien que gourmand comme je suis, c'est la seconde option qui l'a emporté. Nous nous installons en terrasse car nous devons surveiller les vélos mais aussi parce que nous sommes déjà tout crottés 😂
Café et chocolatine. La base d'une bonne sortie VTT 😁
Le Truffaïre de Lalbenque.
Après cet arrêt bien réconfortant je fais faire un tour de village à Nico, puis nous repartons sur les chemins. Le début est superbe. Nous évoluons au milieu des petits chênes et des combes du nord de Lalbenque. Nous sommes en bas d'un vallon, et nous devons remonter. C'est pentu mais tout passe sur le vélo. Nous commençons à avoir un peu chaud, mais pas encore question d'enlever la veste. Le temps reste menaçant.
Petite truffière.
Je sais que Nico aime les vieilles pierres. Il s'émerveille rien qu'en voyant les murets de pierres sèches qui bordent chaque chemin. Il ne se doute pas encore de ce qui l'attend. Ce n'est autre que l'une des plus belle et plus grande caselle du Quercy, la Caselle de Nouel. Elle est superbe. Elle a été restaurée il y a quelques années et mérite vraiment que l'on s'y arrête. Pause photo obligatoire. Bien sûr c'est à ce moment là que la pluie refait son apparition. Mais c'est aussi au même moment qu'un cyclotouriste d'origine néerlandaise passe par là et vient admirer cette construction typique de la région. Ce monsieur est âgé de plus de 70 ans et voyage en VAE entre Foix, où il vit, et Amsterdam où se trouve sa famille qu'il va visiter.
La Caselle de Nouel.
Orchidée pyramidale.
Il est temps de repartir. La pluie nous laisse un petit répit. L'averse est passée, et nous nous engageons sur le single qui part juste en face de nous. C'est une belle descente empierrée qui débouche sur le Lac de Bournel. Bien sûr comme souvent je loupe le single qui part dans l'herbe et prend la large piste adjacente. Heureusement que le GPS existe et nos petites machines électroniques nous rappellent à l'ordre et repartons sur le droit chemin. Le sentier qui suit est trop bien. On n'avance pas bien vite car il ne fait que tournicoter entre les arbustes du causse. C'est une successions de pif-paf comme je les aimes. Cette section me rappelle quelques beaux sentiers que je parcourais en forêt des Trois Pignons. C'est un joli moment de pilotage 😁Mais toutes les bonnes choses ont une fin... De nouveau nous roulons sur un large chemin de castines. Sur le parcours initialement prévu, nous devions récupérer un autre single peu de temps après. Mais ici presque tous les chemins et les zones traversées sont privés. Et malheureusement ce single a été fermé par son propriétaire. Alors nous décidons de pas forcer le passage et reprenons le chemin blanc, puis une route. Ça va grimper. Je commence à bien connaître ce secteur. Au bout de la route, un single avec de la pavasse et des racines... mais qui continue à monter. Nous prenons notre mal en patience. De toute façon je sais que la suite immédiate va être roulante et que nous allons respirer un peu. Il ne pleut pas depuis un petit moment déjà et cela nous va bien. Mais dès que la pluie cesse, les températures remontent. Le thermomètre fait le yoyo. Nos passons ainsi de 09° à 18/19° en quelques minutes. Du coup les organismes ne comprennent pas et souffrent un peu. Voilà. Nous sommes arrivés au bout de cette belle grimpette. Nous rejoignons le GR65 au niveau de Le Gascou, là où il traverse la D10. Il existe à cet endroit une halte pour les pèlerins avec point d'eau et sanitaires. Nous aussi en profitons. A partir de maintenant nous allons suivre le GR65, autrement appelé ici Chemin de la Marchande, pendant plusieurs kilomètres. Nous le quitterons juste à un moment pour remonter sur Cremps. Il est, comme dit auparavant, très roulant. Nous sommes à contre-courant du flot des pèlerins. Nous en croisons de nombreux, dont deux cavalières. Nous nous écartons pour ne pas effrayer les chevaux et en levant la tête nous voyons que le ciel est très très sombre. Pourvu que ce gros nuage s'éloigne et nous épargne ! Pour le moment les cieux restent cléments. Peu après le Mas de Vers, nous tournons à gauche en direction du nord. Ces chemins je les connais par cœur. Je les emprunte presque quotidiennement pour me rendre à Lalbenque depuis Cremps. Je montre deux petites merveilles. Deux petits hameaux perdus au milieu du causse. Re-pause photos ! Nous allons passer par la maison et nous y arrêter pour déjeuner. Et bien nous en a pris car pendant que nous mangions à l'intérieur les Dieux de la pluie avaient décidé de déverser des seaux d'eaux sur le village ! Nous ne repartons pas tout de suite. Pourquoi ne pas faire couler un petit café avant de repartir et en attendant que cesse cette averse.
Hameau du Lac de l'Oie, Cremps.
Lieu-dit la Grange. Maison et caselle.
Enfin nous pouvons reprendre notre route. C'est que nous n'avons fait que 25 kilomètres et il nous en reste une bonne quarantaine encore. Petit tour par le centre bourg pour la visite puis nous prenons le chemin de la Valse. Ce n'est pas une danse en deux temps, même si les vélos aiment bien y bouger de droite à gauche, mais le nom d'un ru qui passe dans la combe que nous rejoignons à vive allure par ce chemin caillouteux et descendant. Un petit tour sur la route d'Escamp, mais à peine le temps de souffler que nos roues retâtent du cailloux sur un chemin cassant et montant. On sent bien que l'humidité est présente. Il ne fait pas chaud et effectivement arrive une averse. Nous nous abritons comme nous pouvons sous des chênes quand soudain les gouttes d'eau cèdent la place à la grêle. Nous ne l'attendions pas celle-là ! L'averse est brève mais surprenante. Nous décidons de repartir avant sa fin. De toute manière nous sommes bien mouillés. Par contre les chemins sont transformés de manière momentanée en petits torrents. Ça lave les vélos ! Et ça repart de plus belle au moment où nous passons devant une grange. Ni une ni deux nous nous y abritons quelques minutes le temps de laisser l'orage, comme dirait l'autre. Enfin nous arrivons à Escamp. Pas de visite du village. Il n'a aucun intérêt particulier. Par contre les sentiers qui en partent sont bien sympas et pleins de surprises. J'en découvre quelques-uns. Je passe rarement par ici. Et au détour de l'un d'eux nous tombons sur une truffière. Nous sommes au cœur de la zone d'exploitation de la truffe noire du Quercy, dont Lalbenque en est la capitale. Généralement les truffières sont de taille modeste, mais celle-ci est immense. C'est de la truffière industrielle ! J'explique un peu à Nico comment elles sont faites et comment sont "semées" les truffes. Je ne suis pas un expert mais j'ai commencé à m'y intéresser en arrivant dans le Lot. Ici c'est un véritable business, et on en trouve régulièrement sur les marchés. Les prix peuvent atteindre des sommets en fonction des années. Cet hiver elles se vendaient entre 800 et 900€ sur le marché de Cahors.
Ouiiiiinnnn ! Il pleut 😓
Truffière de taille "industrielle" !
Un petit bout de route et nous retournons sur le GR65, à environ 700m de là où nous l'avions laissé. Le sympathique chemin blanc bien large et roulant va laisser la place à un sentier bien plus technique et cassant. Les VTT tout-suspendus vont être mis à contribution. Par contre le paysage est toujours aussi beau. Nous croisons toujours des pèlerins. Un artiste à peint de grosses pierre pour illustrer les murs de pierres qui suivent le GR. Je montre aussi à Nico une autre curiosité, la Borie de Grézal. Puis je lui propose d'aller faire un tour à Vaylats où il y a un superbe couvent qu'il serait dommage de ne pas voir. J'ai aussi dans la tête de nous arrêter au bar du village pour nous y désaltérer un peu mais manque de bol, il est fermé... comme à chaque fois que j'y passe. D'ailleurs ça me rappelle un fait similaire qui concerne Nico. A chaque fois qu'il a voulu aller voir le Domaine Départementale de Montauger, dans l'Essonne, il a toujours trouvé porte close ! Bref nous boirons une petite mousse plus tard... et nous allons voir ce fameux couvent. Nico est sous le charme. Il faut dire que la bâtisse est superbe et très bien conservée et entretenue.
GR 65, le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.
La Borie de Grézal.
Couvent de Vaylats.
Allez ! il temps de repartir. Nous allons récupérer le GR65 via le GRP du Midi Quercy qui passe juste là. Nous voilà à Bach. C'est un tout petit village mais qui connait une forte affluence les weekends grâce à l'excellent restaurant qui s'y trouve. Testé et approuvé par Markitos himself ! Nous bavons quelques minutes devant la carte et quittons le village, le Compostelle et les pèlerins. Maintenant c'est plein sud, direction le camp de Caylus et le Tarn-et-Garonne. A deux kilomètres de Bach se trouve l'un des plus beaux lavoirs papillons du coin. Je ne pouvais pas passer à côté et ne pas le montrer à mon ami. C'est le Lac d'Escabasse. En ce moment il est fleuri avec les nymphéas et les iris. Il est taillé directement dans la roche, comme tous les lacs de Saint-Namphaise. Mais celui-ci est particulièrement beau et touchant. C'est encore un moment pause photos.
Lavoir papillon. Le Lac d'Escabasse, à Bach.
Nous sommes plus qu'à quelques encablures des limites du camp militaire de Caylus et du département voisin. En fait nous allons jouer à saute-mouton entre le Lot et le Tarn-et-Garonne. Et le chemin qui suit le camp militaire finira de nous achever physiquement. Ce n'est qu'une succession de montées et descentes pendant plusieurs kilomètres. Il y a peu de répits. Nous devons enlever les vestes. La pluie a enfin cessé et nous avons trop chaud. Nous mangeons aussi une barre ou deux car le repas commence à être un peu lointain. On dirait que l'armée aussi fait le pont ce vendredi. Le camp est d'un calme peu habituel. D'ordinaire on entend les tirs à balles réelles, les canonnades et le passages des avions, de transport de troupes et de chasse. Enfin Nous bifurquons vers l'ouest. L'arrivée est proche. Nous longeons le superbe Mas d'Aspech. Traversons la route de Belmont-Sainte-Foix et nous nous engageons sur le dernier sentier de la journée. Sur la carte c'est un large chemin. Cela ne devrait pas poser de problème. Il reste un peu plus de deux kilomètres avant l'arrivée à la Servie. Et bien ce furent les pires kilomètres de la journée. Les vélos étaient jusque là dans un état très corrects. Mais c'était sans compter sur le bourbier qui nous attendait là ! Deux kilomètres qui nous parures long, mais long ! De la boue partout. Les roues s'enfonçaient dans les ornières laissées par les engins forestiers. Ceux-ci avaient défoncé le chemin qui était devenus presque impraticable. Nous avons finis repeints. Les vélos avaient pris chacun plusieurs kilos non désirés. Et c'est couvert de boue et de glaise que nous sommes arrivés au camping. Autant vous dire que la première que nous avons fait, ce fut de laver minutieusement nos montures. Le matériel avant les bonhommes 😅
Mas d'Aspech.
Ferme de la Servie. Camping à Belfort-du-Quercy.
Le fan club !
Une bonne douche et il est temps d'aller prendre l'apéro avec nos hôtes. Entre temps ma chérie est arrivée pour passer la soirée avec nous et nous apporter le repas, un gros plat de pates bolognaises maison. Justine et Zouzou, les gérants du camping sont des amis et je savais qu'en venant ici nous y serions bien. C'est un excellent camp de base pour randonner et visiter les environs. De plus c'est en pleine nature, loin de toute pollution (atmosphérique, sonore et lumineuse). De plus la bière de la tireuse est divine 😋
Carole ma chérie nous quitte après avoir diné avec nous. Elle rentre sur Cremps. Et enfin il est temps d'aller dormir. Demain une autre grosse journée nous attend. Ce sera sûrement la dernière, car les prévisions météo pour dimanche sont très pessimistes et nous devons aller rouler à Bruniquel. Cela me parait bien compromis. Nous aviserons demain soir. Là il est temps de laisser les corps au repos. La suite au prochain épisode.
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