mercredi 1 août 2012

Le Jaizkibel, entre montagne et océan, le 01 août 2012.

Il y a quelques années j'étais descendu à Irun pour visiter le coin et y faire du vélo (de route). J'avais dans l'idée de gravir le juge de paix de la Clasica San Sebastian, mais de grosses chûtes de neiges tardives dans la saison et un le gel m'en avait empêcher.
Ce juge de paix n'est autre que le Jaizkibel, montagne espagnole qui culmine à 543m située entre les villes d'Hondarrabia au nord, Irun à l'est, Lezo et Pasaia au sud et l'Océan à l'ouest.
Donc avec la précieuse aide de Supersonicus, un habitué des lieux, j'ai préparé une trace qui me permettait de traverser cette montagne en partant d'Hondarrabia jusqu'à Pasaia par la crête et retour par le littoral. Je décolle donc à 6h de Briscous où je crèche et direction l'Espagne par l'A63. A 7h je commence à rouler. Le début du parcours suit une petite rivière par un chemin aménagé, et assez rapidement je m'enfonce dans la forêt et je commence à grimper vers ma première étape, le sanctuaire de Guadalupe. Cette première partie est relativement aisée, même si une fois ou deux j'ai du pousser ou même porter un peu le vélo. A partir de Guadalupe, j'emprunte une large piste puis un sentier toujours à travers bois jusqu'à ma deuxième étape, les ruines d'un ancien hôtel. C'est à ce moment que l'une des partie les plus intéressante commence, je suis sur la crête et je vais la suivre jusqu'au sommet de la montagne par le GR. Peu à peu les nuages qui m'accompagnaient depuis le départ se dissipent et laissent place à un magnifique soleil estival. 
Le GR est un superbe sentier qui suit le relief du Jaizkibel, en passant parfois par de petits portages mais dans l'ensemble il est assez roulant bien que ça grimpe tout du long. J'arrive enfin au sommet, où je fais une petite pause pour admirer le paysage et pour les photos.
Enfin ça va descendre et quelle descente. Le début comporte quelques portions un tout petit peu techniques mais rapidement le single se transforme en un superbe toboggan dans lequel je me laisse glisser à pleine balle. Je dois ralentir quelques fois quand je croise un promeneur, quelques petites marches ou autre dalle rocheuse en devers ou même un troupeau de brebis. C'est que du bonheur, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant éclaté. Bientôt je dois traverser la route principale qui relie Hondarrabia à Pasaia, au niveau du Paint Ball pour récupérer un chemin où un troupeau de Pottoks ne voulait pas me laisser passer ... et m'oblige à passer dans l'herbe... pas sympa les Pottoks Laughing, le chemin se transforme rapidement en un single qui passe sur une superbe crête où j'avais d'un côté une falaise avec l'océan en bas, et de l'autre les pentes abruptes de la forêt. C'était magnifique, je roulais et j'entendais le fracas des vagues contre les rochers plus de 200m plus bas sunny Soudain je dois prendre un autre single qui part à gauche et descend à travers les arbres. La descente est belle, comme je les aime avec quelques cailloux, racines, marches mais rien de bien compliqué. Arrivé en bas du single, je repars sur ma droite par un large chemin caillouteux où je lâche les freins... j'adore.
Mais bientôt les cailloux laissent la place au béton, comme souvent en Espagne lorsque le pourcentage devient très important. En effet il y a des portions à plus de 20%, voire même à 25%. Le début se passe bien sur le vélo mais tout à coup le chemin devient très humide. Une source a eu la bonne idée de vouloir passer par là. Je tente le passage sur le bas côté gauche et je vois qu'à droite le béton est sec. Alors je change de trajectoire, et .....



... et soudain je sens le vélo se dérober et partir en glissade. Je tombe lourdement sur le béton et moi aussi je pars en glissade, sur plus de 10 ou 15m Neutral ça me semble long, je n'arrive pas à m'arrêter tellement ça glisse et que c'est pentu. Le Stump lui aussi poursuit sa course folle vers le bas de la côte ... quand enfin j'arrive enfin à me stabiliser et me relever . Le vélo est quelques mètres plus loin et continu encore à glisser mais bien plus doucement. J'ai l'avant-bras droit qui fait bien mal, je ne le regarde pas tout de suite, je dois aller chercher le vélo, et pour ça je dois marcher sur le béton ... c'est pas gagné. En effet je glisse et j'ai beaucoup de mal à rester debout, mais j'y arrive enfin. Une rapide inspection, il n'a rien, juste le cintre qui a tourné. Je le redresse et enfin je m'occupe de moi. Ça saigne et c'est douloureux, j'ai aussi une douleur à la hanche. J'ai l'impression que mon bras a fait une rencontre avec une râpe à fromage Shocked Bon je peux quand même rouler, et je repars en direction de Pasaia. 
La mer est devant moi, enfin un bras de mer coincée dans les falaise, c'est l'entrée du port de Pasaia, c'est superbe. J'arrive enfin en bas, en bord de mer, j'y trouve une fontaine, et je nettoie la plaie, c'est pas terrible et même la flotte pique Crying or Very sad je vais aller jusqu'à la ville et chercher une pharmacie. Je profite de la promenade du front de mer pour prendre encore quelques photos d'un bateau de pêche rentrant au port. 
A la pharmacie on me renvoie vers "l'ambulatorio", le centre de soins en fait. Là l'infirmière me met de la Bétadine à grands jets ... p...n ça brûle. Elle me conseille d'aller consulter en rentrant, c'est pas très beau silent

Après cet arrêt forcé je repars. Je reprends le chemin inverse, ce coup-ci je monte bien sur le côté pour ne pas recommencer ma cascade LaughingJe retrouve le chemin qui descendait à travers les bois mais là je prends à droite une piste bien large. Ça grimpe pas mal mais c'est faisable sur le bike. Je retrouve la route, et bientôt je repars sur un sentier dans un petit bois de pins. Il grimpe mais il est super, il doit être génial dans le sens inverse. Je retraverse la route et m'apprête à prendre enfin le sentier littoral cheers Je vais enfin pouvoir faire la partie du parcours que j'attendais avec impatience Cool et ...


... et là : SURPRISE !!! Je me retrouve face à deux bidasses de l'armée espagnole en arme. Ils barrent le chemin, je vais les voir et les questionnent sur la possibilité de continuer ma route via ce sentier. Ils m'informent fort aimablement que ce ne sera pas possible, il y a des manoeuvres dans la zone avec des tirs à balles réelles ... oupsss Shocked Ça me fait chier car il va falloir étudier une solution de replis, pas simple quand on ne connait pas bien le secteur et que je n'ai pas de carte au 1/25 000ème mais une carte au 1/50 000 pas très complète, bien de sentiers n'y apparaissent pas Evil or Very Mad Je repars donc par la route sur quelques kilomètres. J'entends les rafales des armes automatiques, et voit le campement de l'armée en contrebas. J'arrive pratiquement sous le sommet du Jaizkbel quand je retrouve le GR qui file vers la côte ... ouf sauvé, il n'y a personne, je peux y aller Very Happy

Le GR est un beau sentier qui file à flanc de montagne, pas piégeux du tout, je m'amuse dans les parties descendantes, un peu moins dans les montantes ... mais ça c'est normal Razz Je consulte la carte 2 ou 3 fois pour voir s'il n'y a pas possibilité de rejoindre la trace qui est plus bas. j'arrive soudain à une intersection où le GR part à droite en remontant et sur ma gauche un autre chemin descend. C'est décidé je prends celui de gauche, je descend, je sens que c'est par là. Le chemin est technique, il y a des cailloux et des marches partout, mais les séances à Bleau ont été bénéfiques pour ce genre de chemin. Et soudain, sur le GPS apparait enfin la trace, j'ai réussi à la retrouver. A partir de là, ça va être un pur régal. Je vais descendre doucement vers l'océan, je le vois au loin encore. Et tout à coup le sentier file tout droit vers lui, ça descend fort je suis obligé de freiner souvent pour le pas prendre trop de vitesse, j'ai peur des pièges du chemin et je roule seul, j'ai déjà eu une alerte tout à l'heure... Le bleu des flots se rapproche, j'entends de plus en plus distinctement le fracas des vagues sur les rochers. Enfin je suis au bord d'une petite falaise, c'est magnifique. Le soleil brille, il doit faire 30° environ, la mer est magnifique, cristalline, la montagne environnante est belle, verte ... c'est un véritable régal pour les yeux, la contemplation et la méditation. D'ailleurs je fais une petite pause là tellement j' y suis bien ...


Je discute un petit moment avec un randonneur français sur la beauté des lieux, il me prend en photo face à l'océan, et je repars. Le sentier à partir de là va suivre le littoral pendant plusieurs kilomètres. Finalement ce passage bien superbe pour les yeux sera peut être le plus difficile pour moi lors de cette journée. Le littoral est vraiment accidenté, ça monte et ça descend fréquemment, les sentiers sont parfois bien techniques et usants. L'effort à fournir ressemble plus à du fractionné comme par chez nous. Mais malgré cela je me fais plaisir. Je croise de nombreux Pottoks et vaches qui paissent au plus près de la mer.
Je contourne de magnifiques criques, sur des sentiers parfois très étroits et il y a du gaz sur le côté. Je craignais ce genre de passage car je suis sujet au vertige mais bizarrement je n'ai pas eu peur. Peut être est-ce le fait d'être bien, en confiance et concentré sur mon pilotage ? En tout cas les estivant qui se prélassent au soleil me regardent étrangement. Ils ne s'attendent pas à voir un VTT dans un tel endroit.  
Le chemin quitte enfin la côte et suit une large piste plus dans la forêt, jusqu'à l'extrémité nord de la péninsule ibérique : le Cabo de Higuer et son phare. C'en est fini de ma rando, je retourne à Hondarrabia et la voiture par la route. Ça descend un bon moment, je me laisse glisser, et sur les parties planes j'envoie la sauce. J'en ai encore sous la pédale Very Happy Je suis à voiture vers 14h40 et moins d'une heure plus tard je suis rentré.

Autant ma sortie à la Rhune avait été éprouvante, un véritable défi physique, autant cette sortie est à placer sous le signe du plaisir. Je me suis vraiment régalé, de part les paysages, le ride joueur et technique. Je reviendrai sans aucun doute rouler ici, il y a de très nombreux sentiers à explorer. Le potentiel de cette montagne est impressionnant, et encore je n'ai pas pris le bac pour traverser le port de Pasaia pour aller rouler sur l'autre rive, sur l'Uliamendi (Mont Ulia). La prochaine fois je le fais drunken 



Distance totale45 km
Montée1500 m
Descente1500 m
Altitude maxi543 m
Durée moyenne5 h
































La vidéo de la sortie :

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